Bring Me The Horizon : notre avis sur l'album "Amo" avant leur concert à Montréal !

Bring Me The Horizon : notre avis sur l'album "Amo" avant leur concert à Montréal !

La formation menée par Oli Sykes livre un sixième opus dangereusement déstabilisant ! 


Il est donc là, le nouvel album de Bring Me The Horizon intitulé Amo. Un disque qui n’a cessé de faire couler de l’encre et d’alimenter les discussions depuis le terme de l’exploitation commerciale de That’s The Spirit, son prédécesseur, dévoilé en 2015. Depuis plus de trois ans, au fil des déclarations de ses membres et plus particulièrement de son frontman Oli Sykes, médias et fans ne cessaient de spéculer sur la position qu’allait adopter ce nouveau projet, arc-bouté entre la volonté de conquérir le marché mainstream et d’explorer - encore - de nouveaux horizons musicaux. Notre analyse dangereuse d’un recueil qui l’est tout autant…

Une écoute vraiment déstabilisante…

L’introduction quasi-instrumentale du disque - intitulée “I Apologize If You Feel Something” - nous plonge directement dans le bain : ce nouveau Bring Me The Horizon sera électronique ou ne sera pas. Passons les déceptions rock - nu-metal “Mantra” et Wonderful Life” - que je vous explique en détails ici - et la présence malheureusement anecdotique de Dani Filth, “Nihilist Blues” est le premier track a vraiment déstabiliser l’auditeur avec cette couleur dark-club acide-pop qui nous fait friser l’hydrocution. La présence de la chanteuse électro-pop canadienne - passée par Montréal - Grimes est plutôt cohérente dans l’esprit du titre. La seconde décharge vient, à mon sens, du titre “Why You Gotta Kick Me When I’m Down” : sombre, avec un solide squelette électronique ; Oli l’adresse à toutes les personnes qui le provoquaient, sur les réseaux sociaux, quand le chanteur étaient encore en proie à ses démons - pas certain qu’ils aient disparus cela dit. En fin d’écoute, c’est le costaud “Heavy Metal” qui agite la boussole avec son atmosphère indus - urgente, en bref : Heavy et son ossature rythmique aussi expérimentale qu’hypnotique. D’amour il est effectivement question : Bring Me The Horizon flirte dangereusement avec d’autres registres…

Mais une identité textuelle affirmée !

La vraie constante du parcours Bring Me The Horizon, c’est l’écriture d’Oli Sykes. S’il est des musiciens, des rappeurs, ou des chanteurs qui sont - quoi qu’on en dise - considérés comme de vrais Hommes De Lettres, Oli en fait partie avec cette plume singulière, férue de métaphores pour expliquer les sentiments les plus sombres de l’Humain et plus particulièrement de son auteur. C’est en partie ce qui explique que beaucoup donnent - ça se discute - l’étiquette “Goth Pop” ou “Dark Pop” à la formation britannique. Des textes comme “Mantra” ou “Medicine” sont de vrais modèles du genre dans leurs portraits du culte ou du toxique. Amo, disque conceptuel autour de l’Amour ne pouvait lui fournir meilleur sujet pour écrire…

BMTH séduit sur ses titres les plus légers…

L’une des grosses satisfaction de Amo est incontestablement le titre “I Don’t Know What To Say”. Un track épique et spectaculaire qui semble avoir bénéficié des enseignements du concert donné, avec un orchestre symphonique, au Royal Albert Hall en 2016 avec cette belle structure violoncée, toute en mélodies, toute en envolées. En toile de fond, quelques notes de synthé qui me rappellent “Sleepwalking”, l’un des meilleurs morceaux de la carrière du groupe. “I Don’t Know What To Say” semble être le “Blasphemy” de Amo : poétique, impressionnant, il pourrait malgré tout ne pas être invité sur scène…

Parmi les autres réjouissances : “Medicine”, le titre pop le plus assumé du groupe, composé avec beaucoup d’aplomb - je vous en dis plus ici ; “In The Dark” avec toujours cet appétit symphonique qui leur sied vraiment au teint ; “Mother Tongue” et son piano très Coldplay ou encore le stimulant “Why You Gotta Kick Me When I’m Down”. La grande force du combo de Sheffield c’est d’avoir vraiment réussi à dissocier violence et intensité.

Pour s’épargner un tri trop minutieux dans cet enchaînement de registres, pop, rock, electro voire goth selon certains fans, il convient donc de classer les tracks de ce nouvel opus en deux catégories : ceux qui tabassent et misent sur l’efficacité et les titres moins direct, plus tricotés, qui ne s’assimilent pas à première écoute. Dans la première catégorie, vous retrouverez donc les tièdes “Mantra”, “Wonderful Life” mais aussi les plus inspirés “Mother Tongue” ou “Medicine”. En bref : tous les tracks utilisés en amont pour la promotion du disque. Dans la seconde, on pense surtout à “Nihilist Song” ou “I Don’t Know What To Say” qui demandent un effort de relecture avant de délivrer leur plein potentiel…

Deux choses importantes sur Amo…

Il y a deux choses que je souhaiterais pointer du doigt. Premièrement - et contrairement à That’s The Spirit ou Sempiternal - j’ai l’impression que Amo est l’album qui, le plus, abandonne les marqueurs musicaux qui séduisaient encore les fans de leur son deathcore d’origine. Des titres comme “True Friends” ou “Sleepwalking”, même orientés pop, donnaient encore un os à ronger aux aficionados du BMTH d’antan avec de belles guitares, offensives, qui dégringolent et un scream du fond de gorge, écorché vif. Des marqueurs qui s’effacent progressivement sur Amo. Ensuite - et surtout - lorsque l’on s’appelle BMTH et qu’on a plus sorti de musique depuis 4 ans, on se doit de livrer l’album de l’année, de briller. On ne peut pas laisser le public simplement se satisfaire, on se doit de l’éblouir. L’amateur de soccer que je suis n’attend pas de son équipe qu’elle s’impose par le plus petit des écarts tous les weekends mais qu’elle roue littéralement de coups la concurrence. À mon sens, Amo est une très belle pièce mais n’est pas non plus une franche réussite. Mais le luxe de Bring Me The Horizon aujourd’hui, c’est de pouvoir délivrer des titres moyens et d’être toujours bien meilleur que ses camarades…

Quelle performance le 02 février à Montréal ?

Dans cette bruine d’incertitudes, il y a une chose qui semble acquise : on ne devrait pas s’ennuyer lors du concert montréalais qui aura lieu le 02 février à la Place Bell avec Thrice et Fever 333 - chronique de leur dernier disque en ligne sur notre site. Entre la promesse d’un medley de ses premiers titres deathcore - deviné grâce aux set-lists précédentes - et ces nouvelles compositions qui forment de parfaites transitions scéniques - à l’image des interludes “Ouch” ou “Fresh Bruises” - le show promet d’être plein de vie et sans temps morts…

Concluons…

Si Amo n’est pas le meilleur album de l’épaisse discographie Bring Me The Horizon, il en est certainement le plus hétéroclite et le plus déstabilisant. Il en demeure une pièce unique par sa force de caractère et reste malgré tout de grande qualité. Je vois d’ici une flopée de groupes metal brandir l’étendard de la moquerie pour maquiller leur jalousie du chemin parcouru par le groupe et de son audace. La formation s’est ouvert un peu plus le champ - l’horizon - des possibles : on pourrait aussi bien se voir proposer un disque de Black symphonique que de Folk Rock ou de Techno pour le prochain projet du groupe...

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