Bring Me The Horizon, un feat avec Dani Filth, un même "Mantra" et des raisons de s’inquiéter avant l'album...

Bring Me The Horizon, un feat avec Dani Filth, un même "Mantra" et des raisons de s’inquiéter avant l'album...

Régulièrement, nous vous proposons notre avis tranché sur un sujet de culture, sur un artiste ou sur un nouveau morceau…


L’objet du réquisitoire : 


Il y a quelques jours, le groupe rock britannique Bring Me The Horizon - dont nous sommes très fans - mené par le charismatique et non moins talentueux Oli Sykes, dévoilait “Wonderful Life”, second single promotionnel de l’album Amo qui sortira le 25 janvier 2019. Au programme : riffs gras typés neo-métal et la participation vocale prestigieuse de Dani Filth, leader du légendaire et populaire groupe de black métal Cradle Of Filth, que nous aimons aussi beaucoup. Quelques semaines avant, la formation dévoilait “Mantra”, toujours en vitrine de ce nouvel opus. Deux titres que nous mettons sur le grill aujourd’hui et qui, personnellement, me donnent quelques inquiétudes avant la sortie de ce sixième album studio

Un premier contact manqué avec “Mantra”...

Plutôt intéressant, voire accrocheur à première écoute, “Mantra” n’aura pas, à mes oreilles, résisté à l’épreuve du temps et des replays. En cause : un refrain beaucoup trop convenu, linéaire, indolent et un maillage instrumental qui, lui, paradoxalement, manque de délicatesse et d’ornements. Textuellement, c’est pertinent, hypnotique, à l’image du message véhiculé. La métaphore filée du culte est efficiente et colle bien à l’esprit BMTH, il n’y a rien à dire là-dessus. Il se dégage vraiment quelque chose de singulier de la plume d’Oli Sykes avec, osons le dire, une véritable empreinte littéraire. Mais cette nouvelle tendance post-neo-metal - l’intitulé peut faire sourire - avec ces simili-riffs neo et cette envie de calquer systématiquement le timbre de feu Chester Bennington commence déjà à s’essouffler. Bring Me The Horizon, Bad Omens, tous semblent suivre la même voie - voix et, ironiquement, le “same old Mantra”. À peine sorti de l’œuf, le serpent se mord déjà la queue. Une entrée en matière tiède, progressivement inefficace, avec un léger mais dommageable manque d’inspiration…

“Wonderful Life” et gaspillage d’idées... 

Arrive donc un “Wonderful Life” plein de promesses. Enfin, c’était avant de l’écouter... Plein de promesses parce que Dani Filth, une légende, un monstre de charisme et le leader de la formation black métal Cradle Of Filth. Nous avions d’ailleurs assisté à l’un des concerts du combo, il y a quelques mois à Montréal. J’imaginais alors deux scénarios : un bref retour au deathcore des débuts, frontal et énervé, ou un contrepied parfait, subversif en faisant hurler Dani sur un titre bien pop… Au lieu de cela, “Wonderful Life” se révèle être un titre absent de toute prise de risque : riff et nappe heavy, encore une fois très néo dans l’esprit, avec cette couleur Limp Bizkit très assumée, spoken-word nonchalant qui manque de musicalité et surtout une collaboration très timide de Dani Filth qui se contente de susurrer quelques mots, très vite doublé par la voix d’Oli…

Un véritable gâchis qui offre tout de même un lyric vidéo plutôt hilarant en guise de - famélique - consolation. Des images qui, d’ailleurs, auraient pu coller parfaitement avec un track beaucoup plus pop, plus séditieux dans l’esprit. Les scènes du “quotidien” jouées par Dani Filth sont saisissantes et méritaient un titre avec plus d’âme et d’aplomb. Et mettre de l’aplomb dans sa musique ne signifie pas épaissir sa façon de jouer mais tout simplement aller au bout des choses, paramètre que je pensais acquis chez BMTH depuis les excellentes, que dis-je, incontournables merveilles musicales que sont les albums Sempiternal et That’s The Spirit.

Concluons…

Que les choses soient claires : ce n’est absolument pas l’orientation pop - smooth métal ou alternative rock du groupe qui est mise en cause dans ce réquisitoire. D’abord parce que j’ai fait mon deuil du passé deathcore de BMTH, ensuite parce que la transformation s’est faite progressivement, intelligemment, sans brusquer l’auditeur. Et puis parce que cette couleur pop leur sied parfaitement au teint tout simplement… Pourvu qu’ils les mettent - vous voyez de quoi je veux parler - sur la table ! Non, ce qui est dénoncé ici est bien ce manque d’efficacité, d’audace dans ces deux premières compositions qui restent de bons titres, mais que l’on attendait vraiment à un niveau supérieur. Je crois, cependant, en Bring Me The Horizon. Je pense et j’espère sincèrement que l’album me fera mentir et que ces deux premiers singles n’en représenteront pas le meilleur... 

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