Bring Me The Horizon, Thrice et Fever 333 à Laval - Canada : notre récit d'un concert incroyable !

Bring Me The Horizon, Thrice et Fever 333 à Laval - Canada : notre récit d'un concert incroyable !

Il s’est passé quelque chose d’exceptionnel à la Place Bell, dans la périphérie de Montréal, le samedi 02 février dernier…


Le 2 février dernier, Bring Me The Horizon convoquait son public à la Place Bell, Laval, dans la proche périphérie de Montréal. C’est un auditoire sur la défensive, encore déboussolé par la direction et l’impressionnante polyvalence de ce nouvel album - vous pouvez lire notre review de Amo sur le site - qui s’avance donc dans cet espace à la fois neuf, spacieux et moderne, à la mesure de l’événement qui s’annonce. Moi-même désorienté par les derniers travaux du groupe, rien ne m’avait préparé à vivre une soirée comme celle-ci. Récit…

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L’ouverture un peu folle des bien-nommés Fever 333…

C’est avec la réputation d’une entité énervée et énergique que Fever 333 ouvre les festivités. Et effectivement, le post-metal rappé de la formation californienne déménage. À peine l’introduction envoyée et le premier titre, “Burn It” - extrait de l’album Strength In Numb333rs, chroniqué dans nos pages - entamé que Jason Aalon Butler se jète dans le pit. L’ex frontman de Letlive devient littéralement fou, se roule à terre sur “Made An America”, tombe la veste sur “One Of Us”, fait du crossfit avec les fils du micro ou encore se la joue Tambour Du Bronx avec une pièce de batterie qu’il envoie ensuite valser un peu plus loin sur la scène. Une prestation délirante - et maîtrisée - qui passe en un éclair et beaucoup de communication entre le chanteur et son public, lui qui nous invite à s’affirmer pendant une soirée. On regrettera l’absence de grands titres de leur album récent comme '“Animal” ou “Prey For Me” au profit de leurs premiers travaux que sont “Walking Into My Shoes” ou “Hunting Season”. Après une demi-heure de set, le trio nous laisse sur un énorme sourire.

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Un Thrice qui dénote un peu avec le ton de la soirée…

Il est 19h50 quand Thrice pénètre sur la scène, en ligne autour du charismatique Dustin Kensrue et son grain de voix puissant et toujours intacte. Il est difficile de dire quoi que ce soit de négatif sur la formation californienne tant son post-hardcore ambiant et expérimental est devenu légende. Mais force est de constater que l’ambiance retombe un peu, et le manque de communication du groupe avec son public y est un peu pour quelque chose. Il me faut 20 bonnes minutes pour rentrer dans un set qui traîne quelques longueurs et il faut atteindre la fin de leur performance pour enfin se voir gratifier d’un track de l’immense monument Vheissu : le sombre mais prenant “The Earth Will Shake”. Pas de “Red Sky” ou même de “Image Of The Invisible” ce soir, que le groupe aurait pu jouer pour garder le caractère harangueur de la soirée. Aux alentours de 8h30, Thrice conclue un set habité d’une énergie différente, plus personnelle, qui me laisse une impression mitigée. Pendant ce temps là, la salle continue de se remplir pour atteindre plus des 3/4 de sa capacité…

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L’incroyable performance de Bring Me The Horizon…

C’est donc devant une salle quasi-pleine, avec une capacité de plus de 8000 personnes que Bring Me The Horizon débute son set. Le charismatique Oli Sykes débarque seul pour entamer - en voix de tête - l’introduction “I Apologize If You Feel Something”, très vite rejoint par son groupe sur un “Mantra” et son ouverture pyrotechnique. Ce track est probablement celui que j’aime le moins dans toute la discographie du groupe. Mais qu’il est bon sur scène ! Débarque le classique “The House Of Wolves” : dès les premières notes du track, on sait que l’on va assister à quelque chose d’unique. “Wonderful Life” conclut un premier acte dynamique et parfait de maîtrise, précédé par “Avalanche” et le puissant “Sleepwalking”.

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Le temps d’une interlude et Bring Me The Horizon revient avec un deuxième tableau plus varié. S’enchaînent “Shadow Moses”, “Nihilist Song”, un incroyable “Happy Song”, “Can You Feel My Heart” et “Follow You”. Sur ce dernier, le groupe n’a pas peur de rompre l’ambiance plutôt énergique de son exceptionnelle prestation pour calmer un peu le jeu et dédicacer ce morceau à la gente féminine. Nouvel entracte musical avec “Ouch” et suivent “Medicine”, “Antivist” et “Drown”. Le rappel se construit, lui, sur “Doomed” et le fameux medley deathcore tant réclamé par le public avec, successivement, “The Comedown”, “Medusa”, “Diamonds Aren’t Forever” et “Re : They Have No Reflection”. Là encore, il n’y a pas de fausses notes, Oli Sykes n’a rien perdu de ses qualités de screameur, nous y reviendrons ci-dessous. Le combo de Sheffield met une note finale à la soirée sur un “Throne” impeccable. C’est plusieurs milliers de sourires qui quittent la salle, chez les puristes, les fans de la première heure, comme chez les nouveaux aficionados du quintette.

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Un concert presque parfait…

Les moments forts du show ? Il l’étaient tous ! Mais on ressortira “Antivist” entièrement réinterprété à grands coups de growls cathartiques. “Drown”, que je savais en configuration acoustique et qui conclut l’avant-rappel en allant piocher du côté de l’émotion. Côté pyrotechnique, Bring Me The Horizon s’est lâché - à juste titre - sur les incroyables “Happy Song” et “Throne”, qui met un terme à la soirée. Encore une fois des titres qui ne font pas parti de mes favoris mais qui ont pris une autre dimension ce soir.

Pour ce qui est des 1 ou 2 fausses notes : je citerai simplement “Medicine”, interprétée en un éclair et qui aurait mérité un peu plus d’attention ou de visibilité. Si on se focalise sur les deux derniers disques dévoilés - une tournée servant nécessairement à promouvoir les derniers travaux du groupe - on regrettera les absences de “True Friends” sur That’s The Spirit ou du mélodique “Mother Tongue” sur Amo.

Côté communion avec le public, là aussi c’est un sans fautes. Le groupe est en jambes, Oli Sykes notamment avec un jeu de corps plus exubérant qu’à l’accoutumé, en parfaite cohérence avec le nouvel univers artistique du groupe. Le chanteur est loquace et se livre comme rarement à son auditoire…

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“Nihilist Blues” ou le symbole d’un groupe qui ne lâchera rien…

Le cas “Nihilist Blues”, en plein cœur du deuxième acte, est symbolique ce soir. Très méfiant à l’entame du premier couplet, le public décide de finalement s’ambiancer sur la fin du morceau. Et cela grâce à l’envie, l’appétit, l’enthousiasme d’un Oli Sykes des grands soirs. Le frontman sait qu’il va non seulement falloir interpréter mais surtout défendre - et je comprend maintenant pourquoi on utilise ce terme - les titres de leur dernier album. La scène comme deuxième acte d’une véritable bataille pour imposer la nouvelle direction artistique du groupe. Et c’est avec cet acharnement dans l’interprétation, cette passion dans l’attaque du micro qu’il finit par conquérir son auditoire sur des tracks risqués comme ce “Nihilist Blues” ou encore “Follow You”…

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Notre avis général sur la prestation du groupe…

Le public, que j’ai senti vraiment méfiant avant de pénétrer dans la Place Bell - refroidi par Amo et des températures qui descendent sous les -20° - ressort conquis et comme étourdi par une prestation surnaturelle qui fera date dans la carrière déjà riche du combo britannique. Je ne sais pas ce que les spectateurs ont ressenti sur les autres dates de ce First Love Tour. Mais, en ce qui me concerne, Bring Me The Horizon a embrasé mon cœur et ravivé et un feu éblouissant et gourmand qui a tout de la force d’un Premier Amour. L’un des meilleurs concerts auxquels nous ayons assisté et, croyez-le, l’équipe du Petit Cahier en a fait des centaines. Tout simplement magnifique…

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Quelques vérités sur Oli Sykes…

Effectivement, et même si j’ai trouvé Amo de bonne qualité, j’ai récemment émis quelques doutes sur la direction artistique prise par le combo. Et je ne retournerai pas ma veste. Mais après la prestation hors-du-commun donnée par le groupe dans ce magnifique espace, il convient de rétablir quelques vérités :

  • Les capacités vocales d’Oli Sykes, notamment lorsqu’il s’agit de screams, n’ont pas changé ! N’en déplaise à ses détracteurs et leur venin craché sur les réseaux sociaux. Le medley deathcore offert par le combo brillait tout simplement par sa justesse et son énergie. Il ne dénotait pas avec l’ambiance générale du show comme j’ai pu le lire ça et là sur la toile ces dernières heures…

  • Oli Sykes est probablement la rockstar la plus ambitieuse de ces dernières années. Sa recherche du « Best Of Both Worlds » - comprenez le volume et la hargne de leur deathcore d’origine combiné à la volonté de conquérir la pop et le mainstream - ne lui laissera aucun répit face à la presse musicale et face à un public exigent, mais c’est une quête noble que lui seul semble pouvoir mener à son terme. Avant le concert, je rêvais de revoir Bring Me The Horizon dans une plus petite salle. Après cette prestation de haute volée, j’ai désormais envie de les voir performer dans un stade !

Crédit Photos : Sandrine Delsaut pour Le Petit Cahier.

Un immense merci à Bring Me The Horizon et Evenko pour leur collaboration.

Merci à Heavy Montreal et Extensive Enterprise pour l’organisation.

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