Disiz La Peste : notre avis sur son album "Disizilla"

Disiz La Peste : notre avis sur son album "Disizilla"

Le rappeur français livre un douzième album studio très ambitieux !


D'abord Poisson Rouge, Disiz La Peste explorait, en juin 2017, un océan Pacifique aux sonorités électroniques porté par un banger puissant (“Splash “). L’album laissait transparaître des tortures, des tourments et des thèmes qui semblaient dépeints sur fond d'un disque esthétique, propre. Un an plus tard, Disizilla sort de l’eau et revient avec un projet brut, sans filtre, frontal.

Dès l'intro “Kaïju”, le ton est donné. « Putain mais quelle vie de merde, maintenant vient le cancer, j'en veux à mon père à la terre entière ». La prod de Dabeull martèle alors que Disiz ne cache pas qu'il va rapper sur les mêmes sujets : immigration, famille, amour. En référence aux monstres japonais, l'album alterne entre excès de brutalité et instants de grâce. En effet, durant “Disizilla”, le carré bleu de “Pacifique” devient peu à peu un “Cercle Rouge” décomplexé et violent. Du titre éponyme qui tourne à l’égotrip - « J'ai joué Othello, dis-moi, qu'est-ce que vaut ton clip? J'ai écrit douze albums, dis-moi, qu'est-ce que vaut ton feat', bitch ? » - aux morceaux produits par Ponko “Hendek”, “Mahboul” ou encore “Hiroshima”, Disiz s’éclate à grands coups de punchlines sur les prod’ trap de jeunes producteurs. La tension monte encore d’un cran le temps de la venue de l’inépuisable Sofiane sur “Enfant des Rues” avant un “F*ck l’Epoque” hyper violent emmené par la prod’ du bruxellois Prinzly.

A mi-chemin entre les deux facettes du disque, on trouve la petite pépite “Monstrueuse” produite par un Myd - Club Cheval - qui n’en finit pas d’être à l’aise dans tout ce qu’il fait. Enfin, le Disiz de “Pacifique” n’est peut être pas si loin. Si l’absence de filtres dans les textes demeurent tout au long du disque, quelques morceaux font le lien avec le précédent projet à grands renforts de mélodies, d’ambiances et d’instants bouleversants. Si la mère reste au centre de ses textes depuis toujours, la façon d’aborder la maladie et la destruction, elle, a changé. Sans filtre, le climax du disque “Tout partira” laisse entendre un Disiz au bord de l’implosion, terrifié par l’abandon, en pleurs au moment de laisser sa mère à l’hôpital. Puis il y a ce “Terre Promise” produit par The Shoes où il s’adresse, comme un enfant, à sa mère avant que l’inverse se produise avec “Ulysse” où c'est le père qui s'adresse à sa fille Eari, invitée sur le refrain. Avec d’une part “Tout partira” qui fait état du lien maternel source de souffrance et de l’autre “Ulysse” où la paternité et le rapprochement surpassent, Disiz la peste expie ses démons et achève le voyage débuté avec “Pacifique”.

Avec vingt ans de carrière derrière lui, douze albums et plusieurs casquettes, Disiz complète, avec Booba et Rim’K, le cercle très fermé des rappeurs français qui ont survécu aux mutations du genre et continuent de proposer des projets de qualité et ambitieux. Disizilla est un disque qui séduira forcément moins que d’autres en cette rentrée 2018 mais qui saura trouver son public, comme toujours, tant l’homme est « redoutable, impossible à abattre ; le temps, c'est son srab ».

Article rédigé par Alexandre Nortier.

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