Django : un mot sur son premier EP "Anthracite"

Django : un mot sur son premier EP "Anthracite"

On analyse "Anthracite", le premier EP de Django, l'une des grosses sensations rap indé en France actuellement...


Premier EP pour le rappeur français Django, que nous avons déjà eu l'occasion de vous présenter, mais second chapitre de ses aventures musicales. L'homme, en effet, n'en est pas à son coup d'essai (il vient d'ailleurs de dévoilé l'excellent morceau « Fauve ») et distille son rap depuis plusieurs dizaines de mois déjà. L'oeuvre, débarquée sans prévenir, s'intitule Anthracite, couleur qui sied à merveille au verbe de son interprète. En son coeur de charbon : 5 titres très courts entrecoupés d'une interlude. 

Anthracite se présente comme une oeuvre conceptuelle, très homogène, jalonnée de références culturelles et littéraires. On y découvre un Django installé dans la pénombre, couchant sur le papier le long champ lexical de ses névroses, de son anxiété et de son spleen. Le discours est noir, le timbre est bas, les quelques séquences chantées s'enlisent dans les graves et traduisent le caractère taciturne de son pygmalion. Le visuel utilisé comme vitrine de cet EP accrédite les propos du rappeur et, je pense, l'analyse que je peux en faire. Si la plupart des marqueurs techniques de Django sont identifiables sur ce disque, il ne serait pas surprenant qu'il déboussole les aficionados les plus familiers de ses travaux. L'accent très street de ses titres les plus emblématiques comme « Fichu », « Flex » encore « Billy Cocaïne » s'estompe, en effet, pour laisser place à une forme d'élégie urbaine. Celle-ci, couplée à la propreté des prods utilisées, crée instantanément un sentiment de claustrophobie à l'écoute. 

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Notons un point positif à tout cela : les incessantes comparaisons avec Nekfeu ne devraient plus avoir lieu d'être, l'artiste assoyant un peu plus son identité et son univers propre à travers cette production. Pas de recommandation en ce qui concerne les morceaux à écouter, les 5 pistent forment un tout cohérent et plaisant de la première à la dernière note.

Synthétisons. A mon sens, cette pièce ne nous présente pas le meilleur profil de Django, en tout cas pas celui que j'affectionne le plus. Ceci étant dit, son existence se justifie en plusieurs points. Premièrement, il est le premier véritable recueil digital des travaux du rappeur, à ma connaissance en tout cas. Ensuite, son bagage technique enlumine l'ensemble des morceaux présents sur ce Anthracite. L'opus reste donc indispensable pour qui s'énamoure du bon rap français et sait que son épicentre se situe loin des radios et des chaînes de télévision.

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