Laboratoire : découvrez Midnight Blackout et leur EP "Hangover" !

Laboratoire : découvrez Midnight Blackout et leur EP "Hangover" !

Retour de notre rubrique "laboratoire" consacrée aux artistes émergents, avec une interview exclusive du groupe parisien et une review de leur premier EP !


Notre avis sur leur EP : 

La formation Midnight Blackout nous vient de Paris et s'est formée il y a presque un an avec des membres de Gaidjinn, The Great Divide - lire notre review de leur dernier disque et notre entrevue inédite avec le combo - et Aphrodite’s Baby. De l'ingrédient en veux-tu en voila ! Le quintette nous met aujourd'hui sur la table son premier EP Hangover, enregistré et mixé par Duff Rodriguez

Le groupe nous sert "Unexpected Guest" en guise d'apéritif et le thème du repas saute aux oreilles : ce sera un post-hardcore sauce mélodie. Heddy, Michael, Tohne, Reno et Rudy comptent bien faire du bruit ! Et le bruit, vous le savez, c'est comme les calories : il faut qu'il soit utile et nourrissant ! On privilégiera 500 calories d'amandes à 500 calories de McDonald's. Midnight Blackout l'a très bien compris en nous proposant une recette gastronomique de haut niveau : screams du fond-de-gorge, riffs incisifs, virevoltants, nappes mélodiques et rythmique heavy qui tape du poing sur la table. On a faim, on a faim ! On appréciera l'influence de la cuisine américaine Everytime I Die ou Norma Jean sur le très bon et énervé "Sector 9", on reprendra volontiers un peu de "Hazuki Ryo", notre titre préféré de l'opus. Si, par moments, la voix manque un peu de proportion et de volume sur ce manteau sonore puissant, l'ensemble est tout de même très efficace, de très grande qualité et risque de filer - même au Straight Edge que je suis - la gueule de bois. On sent que MBO a digéré toutes ses influences et s'est servi des expériences passés pour proposer un son unique. Un dîner presque parfait !


Notre entrevue inédite avec le groupe :

On ne pouvait pas conclure ce repas sans poser quelques questions à nos hôtes du moment. Les retours sur leur EP, la scène post-hardcore française, l'actualité à venir pour le groupe : Le Petit Cahier et Midnight Blackout vous ont préparé une entrevue "Bonbié bon œil"... 

Si Midnight Blackout entrait dans le dictionnaire et que l'on vous demandait d'en écrire la définition, quelle serait-elle ?

Micha : Midnight Blackout, c’est le groupe qui a créé le dictionnaire mec ! Rien ni personne ne peut le définir. Ni Nous, ni Chuck Norris. Quoique... 

Tohne : Quand tu te réveilles après une grosse soirée, que tu n'es pas chez toi, mais que tu sais pas chez qui tu es, que tu as rasé tes cheveux, perdu ton smartphone, qu’il te manque une chaussure, que tes fringues sentent la bière... Et que tu ne sais pas pourquoi !

Reno : MBO, c’est une chimère bourrée, une digestion à la bière tiède d’une multitude de petites et grandes références de la culture des années 90 et 2000 sur fond de rock hardcore.

Rudy : Faire une grosse soirée à partir de 20h, bien alcoolisée, et à minuit vient ce que l'on appelle le Midnight Blackout !

Si vous deviez définir un cadre d'écoute idéal pour l'EP, pour qu'il révèle tous ses messages, ses caractéristiques ? 

Micha : Très simple, tu es au comptoir de ton bar préféré, tu supplies le barman-la barmaid de passer l’EP à balles et là, BIM ! Tournée offerte directe pour toi et tes potes. Elle est pas belle la vie ? Garanti satisfait ou remboursé - voir conditions à notre table de merchandising.

Rudy : Ambiance soirée découverte de nouvelles bières du monde avec les potes, accompagné d'une bonne bouffe.

Tohne : Pour qu’il révèle tous ses arômes, il faut l’écouter à température ambiante, avec quelques amis, de préférence dans un salon avec un pack de bière pas cher et une bonne sono.

Reno : On est plutôt du genre à aimer faire la fête et je pense que notre musique se prête bien à ça. S’entourer de bons amis, sortir un paquet de cartes et lancer "Hangover" sur un jeu à boire me semble être un moyen tout désigné de le découvrir.

« Aphrodite's Baby, The Great Divide et Gaidjinn représentent surtout d’où l'on vient plutôt que ce que l'on est maintenant ! On essaie de faire un son personnel, sans forcément suivre les tendances et les codes... »

Aphrodite's Baby, The Great Divide, Gaidjinn, Duff Rodriguez : des fondations solides et des noms qui ne sont pas inconnus pour les fans de hardcore, metal français…

Heddy : À la base, on avait demandé à Sam Carter, Trujillo et Travis Barker mais ils ne pouvaient pas car ils étaient beaucoup trop pris par leurs projets... Du coup on a fait avec qui on a pu (rires). Non, en vrai, la scène parisienne n'est pas si grande que ça, c'est une chance mais c'est aussi assez logique que tout le monde est son expérience et c'est plus simple, du coup, pour avancer. Là où on a eu beaucoup de chance, c'est de tomber sur Duff Rodriguez pour l'enregistrement, il a été super patient avec nous, super investi, il a mis autant de guts que nous dans cet EP. Je pense que ça se ressent dans le mix. En tout cas, moi, j'en suis super content !

Reno : Oui, et pourtant pas du tout dans les mêmes registres. Par extension je ne pense pas que les différents publics de ces groupes se retrouvent obligatoirement dans la musique de MBO. Par contre, on ne peut pas nier que, de notre point de vue, c’est plutôt une force, nos expériences personnelles nous permettant d’être efficaces dans le processus créatif.

Micha : Oui, c’est plutôt un bénéfice pour Midnight Blackout de pouvoir s’appuyer sur l’expérience et le parcours de chacun dans nos groupes précédents. Mais, évidemment, il faut travailler dur pour faire nos preuves avec un nouveau projet. Tout comme ce qui a été fait pendant l’enregistrement avec Duff. Big up !

Rudy : Ben si c'est le cas, c'est super ! c'est vrai que j'ai beaucoup entendu parler de Duff Rodriguez, du coup j'ai découvert ce super groupe de métal portugais que je recommande vivement à tout le monde (rires).

Tohne : Cool si les gens connaissent tous ces noms, mais ils représentent surtout d’où l'on vient plutôt que ce que l'on est maintenant ! On essaie de faire un son personnel, sans forcément suivre les tendances et les codes. Et on espère que ça plaira au plus grand nombre !

Votre EP est sorti il y a quelques semaines. Jusqu'ici, quel bilan faites-vous des retours presse et public ?

Reno : Notre notoriété étant, pour le moment, faible, les retours du public proviennent de personnes qui nous connaissent personnellement en majorité. On a donc pas vraiment eu à essuyer de critiques négatives, ils nous préservent (rires). Quant à la presse, les retours ne sont pas encore très nombreux mais encourageants. J’ai l’impression qu’on sera attendus au tournant pour notre prochain EP, c’est donc qu’on a bien dû un peu titiller la curiosité de quelques webzines.

Heddy : Du peu de chroniques et concerts qu'on ait fait, on a que des bons retours et c'est super encourageant ! Mais c'est encore un peu tôt pour faire un bilan.

Micha : Pas énormément pour l’instant, c’est un peu tôt, mais, jusqu’à présent, ils ont été vraiment positifs. On a eu quelques chroniques également qui ont été plutôt cools. Je pense que notre musique se veut relativement easy-listening et catchy, ce qui a même permis de faire headbanger des gens qu’on a choper, au hasard, dans la rue. Précisons tout de même que c’était pendant la fête de la bière - Charleville-Mézières RPZ !.

Rudy : On a sorti "Hangover" juste avant les vacances. Je pense que ceux qui ne sont pas parti en vacances on eu l'occasion d'y jeter une oreille... On a eu des chroniques très motivantes en tout cas, on va faire le nécessaire pour que ça s'améliore, je crois que je n'ai jamais eu des notes aussi stylées à l'école.

Tohne : Pour être honnête, on l’a un peu sorti dans une période calme - avant l’été - et, du coup, on a eu peu de retour. Mais, pour le moment, ils sont plutôt bons et encourageants. Donc ça fait vraiment plaisir. Ils soulignent souvent le fait qu’on a un son propre à nous. Et ça c’est vraiment cool ! 

Midnight Blackout - Le petit Cahier

Notre titre préféré est "Hazuki Ryo", pouvez-vous nous raconter un peu l'histoire de ce morceau ?

Micha : Parfait, je parie que c’est grâce à mon sublime solo de basse (rires). Ce track représente bien l’identité de ce qu’on a voulu travaillé comme son pour MBO, hybride entre le post-hxc, le rock, avec beaucoup de groove et d’énergie.

Tohne : Pour la composition du titre, j’ai laissé faire les guitaristes car il a été composé avant même la création du groupe il me semble. Les textes ont été écrit par Reno. Donc il pourra expliquer mieux que moi. En fait, moi, j’ai fait que mes placements sur celle ci (rires). C’est déjà bien !

Heddy : C'est cool que ça soit votre morceau favori ! C'est le seul de l'EP où il y a autant ma pâte que celle de Rudy à la compo ! On s'était posé chez lui avec quelques bières, des clopes, nos guitares, et beaucoup de temps devant nous. On a pris énormément de plaisir à l'écrire ce titre, on a dû composer pendant une bonne dizaine d'heures non-stop ! Une fois que la compo était proche du résultat final, on a fait quelques arrangements en répétition et... BIM ! Ça a donné "Hazuki Ryo" !

Reno : Il s’agit d’un morceau qu’on a créé à partir de riffs que Heddy et Rudy avaient déjà dans leur escarcelle avant même que nous formions le groupe. J’avais envie d’y insuffler une énergie rock brute mais pas simpliste, avec cet objectif en tête, la track s’est rapidement consolidée. Concernant le texte, j’ai utilisé le personnage de Yû Suzuki dans Shenmue comme support d’une histoire de revanche.

« Les médias locaux qui traitent des musiques hardcore et métal sont peu nombreux et souffrent de leurs propres problèmes et limitations : une audience et un rayonnement faible qui pèsent sur leurs moyens... »

Vue de Paris, quel est l'état de la scène post-hardcore française selon vous ? A t-elle la visibilité qu'elle mérite à l'internationale ? Vous sentez-vous soutenus par les médias locaux ?

Micha : Cette “scène”, comme tant d’autres en France, reste toujours une niche qui n’a pas suffisamment de soutien pour pouvoir ne serait-ce-que survivre, au rythme où l’on tue, via des fermetures administratives, les lieux où se déroulent les concerts dans Paris et ailleurs. Il y a bien, évidemment, de vraies belles structures en matières de festivals - Hellfest, Download... - mais c’est toujours en DIY que les groupes décollent, et j’ai souvent l’impression qu’ils doivent faire leurs preuves ailleurs pour pouvoir être reconnus - repérés en France. Après, on connait déjà les règles du jeu en se lançant dans ce genre d’aventure...

Reno : Les médias locaux qui traitent des musiques hardcore et métal sont peu nombreux et souffrent de leurs propres problèmes et limitations : une audience et un rayonnement faible qui pèsent sur leurs moyens. C’est dommage car la scène française est prolifique et il y a de nombreux groupes époustouflants qui méritent de nous représenter à l'international. Je pense instinctivement à Comity, Plebeian Grandstand, Birds in Row, Zapruder, WarsawWasraw… Nous sommes contemporains d’une scène française plus que talentueuse.

Heddy : Clairement pas ! Il y a plein de groupes en France qui mériteraient d'être plus écoutés. Mais c'est compliqué, la scène est bouillonnante, il y a beaucoup de groupes et peu de structures pour les soutenir. Je pense que les médias soutiennent carrément les groupes mais que c'est difficile de les toucher, ça me semble saturé.

Rudy : Franchement, je pense que ça s'est amélioré grâce aux publics mais ça reste encore un peu underground !

Tohne : Personnellement, je ne sais pas trop ce qui se fait en France en ce moment. Honte à moi ! Du coup, j’imagine que, justement, ça bouge pas trop à l’international malheureusement. Et clairement, en France, les médias locaux, hors webzine spécialisés, ne traitent absolument pas de cette scène. Ça vaut d’ailleurs pour toute la scène métal en général. La France et le rock, c’est pas l’amour fou, malgré la profusion de groupe et de fans...

Quels sont les projets du groupe pour la fin de l'année ? Clips, concerts, enregistrements ?

Rudy : Des clips dont un qui vient de sortir - voir ci-dessus - ainsi que pleins de nouveaux titres qui sont à venir découvrir dans nos shows en attendant notre prochaine galette.

Tohne : On vient de sortir un clip ! Et on en fera sûrement un tous les 2 mois, par la suite. On a quelques concerts de prévu entre septembre et décembre, dont un ce 13 septembre avec Gillian Carter, un super groupe de Floride ! Pour les enregistrements, on va partir sur des sorties au format EP uniquement. Pour pouvoir en sortir un tous les ans. La musique va trop vite aujourd’hui - et pas que la musique d’ailleurs ! - du coup il faut suivre un peu les habitudes des gens !

Reno : Comme l’indique Tohne, on va privilégier les sorties à une fréquence très régulière et sur de courtes périodes. On a plein de matériel en réserve et ça nous semble sensé de le produire au fil de l’eau : ça permet aux auditeurs de toujours avoir quelque chose à se mettre sous la dent, et à nous de ne pas avoir le temps de nous désintéresser de nos tracks, ni de les maturer à l’extrême et de les dénaturer, d’en perdre la spontanéité.

Micha : On bosse déjà quelques nouveaux morceaux pour le prochain EP ! Niveau promo : des clips qui arrivent et on va essayer de jouer un maximum pour se faire un nom sur scène.

Quels sont les artistes ou morceaux qui tournent le plus sur vos playlists en ce moment ? Des recommandations, des coups de cœur à partager ?

Micha : Counterparts, Every Time i Die, The Story So Far, ce serait un top 3 de mes groupes préférés.

Reno : "Congress", le dernier single de Toska, est un très gros coup de cœur. Après, les groupes que j’écoute le plus sont VOLA, Russian Circles, Joliette, Steak Number Eight et Tech 9 ces derniers temps...

Heddy : En ce moment, je suis a fond sur Polyphia, ils apportent quelque chose de nouveau au métal, c'est cool !

Rudy : En ce moment, j'écoute Hail The Sun - Comeback Kid - Harm's Way - Architects et Converge. J'écoute beaucoup de groupes mais ce sont principalement cela qui reviennent...

Tohne : Pour moi en ce moment c’est assez Mainstream : Bring Me The Horizon, Mike Shinoda, Arcane Roots ou Royal Republic ! Je vous conseille vraiment Arcane Roots si vous ne connaissez pas ! Un trio qui envoie du lourd ! Et aussi en live. Fou. Mais qui vient malheureusement de splitter...

« Ici, à Paris, les petites salles vivent l’enfer, on tente de les faire fermer par tous les moyens. Le milieu hardcore a plus que jamais besoin du soutien de ses auditeurs ! »


Le Canada, le Québec, déjà venus ? Connaissez vous un peu la scène hardcore - metal ici ?

Micha : J’ai déjà visité et adoré Montréal, Québec et Lévis sur une dizaine de jours pendant l’ouragan Irène de 2011, qui ne voulait pas me laisser rentrer d’ailleurs ! Mis à part ça, un super voyage même si je n’ai pas pu aller aux Foufounes Électriques, c’était fermé quand j’y suis passé. Bien sûr, il y a beaucoup de groupes plutôt connus de chez vous : Comeback Kid, Cancer Bats, Belvedere qui est maintenant This Is A Standoff, Counterparts, The Flatliners, Pup, j’arrête !

Heddy : Pas du tout ! Mais je ne demande que ça !

Rudy : Non, du tout, mais envoyez nous la-bas, ce sera le feu !

Reno : Je ne suis jamais venu non plus mais c’est définitivement sur ma bucket-list !

Tohne : Ouais, j’ai passé 15 jours à Montréal il y a deux ans. Une bonne expérience ! Et malheureusement... non, je ne connais pas du tout, mis à part Despised Icon et donc, par ricochet, Obey the Brave ! Oh mince, J’oubliais Comeback Kid !

Je vous laisse le mot de la fin…

Micha : Merci au Petit Cahier pour cette interview ! Merci à tous ceux qui aiment et soutiennent la scène alternative. Et j’espère que la prochaine fois que tu parleras de nous, ce sera pour une chronique live chez toi ! #bonbié

Heddy : Un gros merci à vous et, j'espère, à un des ces quatre autour d'une #bonbié ! 

Rudy : Midnight Blackout, groupe de 5 gars trop stylés qui ne demandent qu'à venir chez toi, foutre le bordel et, bien sûr, partager notre grande passion de la bonbié ! #bonbié

Tohne : #Bonbié. C’est un hashtag qu’on essaie de répandre ! C’est un mot qui a été inventé par Heddy et ses potes, et qu’on utilise volontiers quand on a soif. Une bonne bière... Un bon bié... #Bonbié (rires).

Reno : Continuez d’aller en concert, soutenez les démarches DIY, montrez aux personnes qui s’investissent qu’ils ne perdent pas leur temps. Ici, à Paris, les petites salles vivent l’enfer, on tente de les faire fermer par tous les moyens. Le milieu du hardcore a plus que jamais besoin du soutien de ses auditeurs ! 


Merci et bonne continuation au groupe Midnight Blackout !

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