Orelsan, un mot sur l'album : la fête est finie

Orelsan, un mot sur l'album : la fête est finie

Le 20 octobre, Orelsan a dévoilé son troisième album, La Fête Est Finie. Un album bilan sur le temps qui passe, qui trouve le parfait équilibre entre le maussade et la légèreté.


Je préfère être franche : j’appréhende l’album La Fête Est Finie comme une totale newbie de l’univers proposé par Orelsan. Alors oui, j’aime certains de ses anciens titres (« Suicide Social », « La Terre Est Ronde », « Mauvaise Idée », « La Petite Marchande de Porte-Clefs »). J’ai vu le film Comment c’est loin (une bonne surprise) et j’apprécie même certains titres de la BO (« C’est toujours 2 connards dans un abribus », « Inachevés », « Xavier »). J’ai même toujours pensé qu’il avait une belle plume. Le rappeur de Caen sait me séduire par ses mots désabusés et acides. Mais, je n’ai jamais cherché à aller plus loin et à écouter un de ses albums en entier. Alors pourquoi je me réveille seulement maintenant ? Je dois l’avouer : je me suis laissée avoir par le partage incessant sur les réseaux sociaux accompagnés de messages de sympathie pour l’artiste. J’ai donc lancé la première piste. Et là, j’ai été happée par ses mots qui font - encore une fois - mouche. 

« San » est un morceau qui me touche tout particulièrement, car il reflète la génération des trentenaires qui se doit d’être adulte mais qui n’a pas envie de grandir, qui doit prendre le droit chemin mais qui a envie de continuer à se faire plaisir, à faire ce qu’elle veut. C’est une parfaite entrée en matière qui reflète le titre de l’album : le rappeur de 35 ans dresse un bilan de sa vie, de sa carrière et de la société, porté par des notes de piano à la fois sages et répétitives. Comme cette vie d’adulte. On sent Orelsan plus mature, plus posé : son écriture déjà belle et percutante gagne encore en épaisseur et en sincérité. Ça donne envie  d’aller plus loin.

Après quelques écoutes, certains titres se détachent plus que d’autres. Je pense par exemple à « Défaite de famille ». Ce morceau dépeint un repas du dimanche en famille. Chaque membre en prend pour son grade ; les punchlines du rappeur sont absolument délicieuses. Comme la chanson « Christophe », en duo avec Maitre Gims. Ce véritable guilty pleasure démoniaque et jouissif tourne en boucle dans votre tête dès la première écoute. Vous allez vous en vouloir de fredonner les noms de « Christophe Maé » et « Bernard Minet » toute la journée.

Les deux derniers titres sont quant à eux plus poignants. Avec « Paradis », Orelsan fait une belle déclaration à sa copine, sans être ridicule. «  Qu'est-ce que j'irais faire au paradis Quand tu t'endors près de moi ? (…) Ils disent que, pour tenir un couple, faut l'entretenir tous les jours Ces connards n'y connaissent rien en amour (…) J'comprends pas pourquoi tu t'inquiètes quand tu prends du poids Pour moi, c'est ça d'pris, ça fait toujours plus de toi". Tout est dit. C’est beau, calme et sincère. Sans fioritures. A faire tomber amoureuse n’importe quelle fille. Ou « Bonne meuf ». 

« Notes pour trop tard » ferme la marche avec sérénité. Ce titre est un résumé de tous les thèmes abordés dans l’album, mais aussi de la vie de l’artiste. Orelsan donne des conseils aux jeunes qui suivent, mais aussi à lui-même. « La vie, c'est des cycles, c'est pour ça qu'j'retombe sur les mêmes mots ». L’artiste a appris : vivre, c’est un mélange de bons et de mauvais moments contre lesquels on ne peut pas s’ériger. « Arrête de passer ta vie à fuir, angoissé par l'avenir Parce qu'y'a rien à faire pour s'préparer au pire ». Une fois qu’on l’a compris, on profite de toutes les petites choses qui nous rendent heureux et on apprend de nos regrets. « L'histoire s'écrit en tournant les pages ». 

Avec cet album introspectif, on comprend, une nouvelle fois, qu’Orelsan est plus qu'un rappeur. C'est un conteur orné d'une certaine candeur. Il me fait parfois penser à un enfant qui ose dire tout ce qu'il pense sans vouloir faire beau. Et pourtant ses mots le sont. Ils savent toucher là où il faut. Car ils sont vrais et percutants. Avec La Fête Est Finie, Orelsan ne renie pas du tout son passé et ce qu’il a déjà fait. Il reste le même narrateur réaliste et piquant, mais plus mesuré et philosophe. Une belle évolution qu’on ne peut qu’applaudir.

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