Avant sa tournée 2018 au Québec, notre avis sur l'album « Drone » du rappeur français Sinik

Avant sa tournée 2018 au Québec, notre avis sur l'album « Drone » du rappeur français Sinik

2 ans après l'album « Immortel 2 », le rappeur français Sinik est de retour avec une nouvelle réalisation. On en parle avec vous avant ses prochains concerts au Québec


Dans quelques mois, le rappeur français Sinik donnera une série de 4 concerts au Québec (et plus précisément à Montréal, Québec, Sherbrooke et Trois Rivières) pour défendre Drone, sa dernière réalisation en date. Avant de nous rendre sur l'une des dates proposées, nous avons voulu revenir sur cet album qui signe le retour de l'artiste, deux ans après l'opus Immortel II. Autant le dire d'entrée, Drone est une réussite et probablement l'une des meilleures sorties rap français de l'année. Pourquoi ? Eh bien parce que toutes les caractéristiques qui font de Sinik l'une des grandes plumes hip hop fr de ce début de siècle sont ici réunies. Et quelles sont-elles ? Réponses... 

Sinik, un discours toujours très engagé ! 

L'une des grandes armes de Sinik, c'est son intégrité. Elle lui permet de toujours placer le fond avant la forme. Il est l'un des rares représentants et défenseurs du rap conscient encore en exercice dans l'hexagone avec Médine ou Kery James. Avec toujours cette impressionnante maturité artistique et intellectuelle, le rappeur continue, à grands coups de punchlines, d'aborder sans retenue ni maladresses les sujets les plus sensibles : la politique, la religion, la violence, la pauvreté (« Dehors il y en a qui cherchent des Pokemons, d'autres de quoi manger »), ou encore le terrorisme (« Mais qui peut croire au Paradis les mains tâchées de sang »)...

Une stylistique singulière et intacte ! 

Sinik n'a pas changé de phrasé ni de plume. Sa diction reste reconnaissable entre mille et le rappeur possède une véritable identité stylistique. Peu de rappeurs francophones aujourd'hui en activité peuvent se targuer d'en avoir une ! Les mesures sont toujours pleines, kickées à coups de punchlines et d'images chocs. Les beats utilisés sont tantôt mélodiques - « Epuisé » - tantôt graves et belliqueux comme « Fiché S » qui me fait penser à certains morceaux très offensifs de Salif époque « Black Skin » ou Sefyu . L'ensemble reste très organique et loin de la soupe trap que nous vomissent les radios, ce qui est vraiment rafraîchissant. A noter que Sinik est toujours un fan inconditionnel de football (« Regarde comment je brille comme Griezmann, toi tu as grise mine ») et plus particulièrement du Paris-Saint-Germain (« Ici t'es à Paris, les putes à la vanille, les gros gabarits, les cavalcades, les buts à Cavani »). 

Quelques mots sur le morceau « Incroyable » qui honore cette tradition de l'exercice de style autrefois récurrente dans le rap français. Pour le sublimer, Sinik a fait appel à Seth Gueko, passé maître dans l'Art de la punchline. Ici, le thème, c'est l'apagogie, le raisonnement par l'absurde : « Joint dans le veau-cer, les J.O en Algérie, Lionel Messi à l'A.J Auxerre... ». Bien entendu, chaque fait raconté est porteur d'un message. 

Sinik, un artiste amoureux du rap français

Ce qui fait la grande force de l'artiste également, c'est son attachement viscéral au rap français et à ses fondamentaux. Un lien très fort qui s'exprime par les thèmes choisis, les instrus mais aussi par des phrases très explicites : « Si ma plume se fait rare ce n'est pas moi qui suis mort c'est ce putain de vrai rap » dit-il dans « Fiché S ». Sinik rappelle qu'il n'est « pas là pour plaire ou faire un son dansant » et que « la vieille école rappe sans cheveux longs ». Une allusion à peine déguisée à la nouvelle génération cloud-trap dont PNL ou SCH sont les ambassadeurs. Malgré tout, le rappeur n'est jamais dans le dénigrement et donne même de la force à ses camarades. 

Militant, Sinik revendique un rap sincère, décomplexé, qui s'est affranchi des contraintes imposées par la hype ou les maisons de disques : « je reviens quand je le souhaite, deviens ce que je veux devenir » clame t-il dans « Qu'est ce que tu deviens ? ». La forme même de Drone et son équilibre entre mixtape, EP et mini-album montre que le parisien ne se soucie que du sens et du son et jouit d'une liberté artistique gagnée à l'expérience et à la sagesse. 

Pour résumer, valide t-on le retour de Sinik ? Incontestablement ! Pourquoi ? Déjà parce que j'ai toujours pensé que la carrière d'un rappeur devait s'arrêter lorsqu'il n'avait plus rien à dire, or il y a, chez le parisien, toujours matière à faire couler de l'encre. A bord de son Drone, l'artiste, authentique photographe de guerre, nous capture un panorama désenchanté : le rap français, à l'image du pays dont il est aujourd'hui le registre musical le plus populaire, est malade. Rares sont les emcees qui, comme Sinik, restent à son chevet. Rendez-vous à Montréal !

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