Notre avis sur « YË », l’album de Sopico, à quelques jours de son concert à Montréal

Notre avis sur « YË », l’album de Sopico, à quelques jours de son concert à Montréal

Le 10 février prochain, le rappeur parisien aura l'occasion de présenter cette nouvelle et seconde réalisation au public de Montréal


Loin de moi l’idée de me laisser aller à un élan de prétention mais je pense être généralement à l’aise avec la chronique musicale. Seulement voilà, avec YË, le deuxième album du rappeur français Sopico (qui, pour nous, fait partie, au même titre que les rappeurs Krisy ou Rowjay, des emcees les plus prometteurs de cette année 2018), de son véritable prénom Sofianeles mouvements de ma plume s'apparentent à ceux d’un éléphant dans un magasin de porcelaine. Autrement dit, j'ai enchainé les ratures et les maladresses avant de pouvoir vous livrer mon avis sur ce disque pénétrant. Explications... 

Le texte, des mots et des maux...

« Une Œuvre d'Art, c'est un monceau de cicatrices » a dit le peintre Jean Lurçat. Et ce n'est pas « YË », le disque de Sopico qui pourra nous convaincre du contraire tant il est chargé d'un point de vue émotionnel et empreint d'une intense et persistante mélancolie. Cet album met complètement à nu son auteur, à faire passer le journaliste que je suis pour un vil paparazzi. Les morceaux « Arbre de Vie », disponible ci-dessous, ou encore «  Bonne Etoile » en sont de parfaites illustrations. L'« Interlude » parlée de ce recueil arrive à point nommé pour nous donner quelques clefs sur la personnalité et les intentions de son auteur, que j'ai découvert sur le tard grâce à sa performance acoustique sur Colors il y a quelques mois :

« Parfois, j'écris des trucs alors que j'ai juste envie de parler. J'écris des chansons, des histoires. Pour ne pas à avoir à reprocher aux autres ce que je ne serai pas capable de guérir chez moi, j'écris des choses tristes ou qui font sourire. On m'a donné envie de rester fier et juste. Mélanger mes idées, d'en faire des peurs et des rêves. D'écrire encore et encore pour tatouer la ligne, écrire ma musique pour faire jouer ma ville. Toujours entre mes souvenirs et le présent, mes frustrations, mes envies, ce qui rend humain. Mon téléphone m'éclaire à la place de la Lune. Je pense à ceux à qui je n'ai pas eu le temps dire au revoir. Je serai vivant d'avoir construit, aimé, haï ou détruit. Je suis le fruit qui vient de tomber de l'arbre. Je vois ma vie comme une chute pleine de plaisir, yeah »

Confusion des sens, ascenseur émotionnel, perception désorganisée du temps, le rappeur exprime des sentiments compliqués avec des mots aussi simples qu'opaques. Et voilà que Sopico me pousse à l'oxymore... 

Le beat, pudeur et sobriété... 

Qu'il couche ses mots sur des tableaux modernes, très électroniques notamment, « CS04 » ou « Darkside », ou plus organiques, « Domo » ou « Bonne Etoile » et sa guitare tout juste grattée, Sopico a fait de la sobriété de ses beats l'un des fils conducteurs de cet album. Une cohérence et une homogénéité instrumentale qui structurent les pensées volontairement désorganisées de notre artiste. Le phrasé du rappeur me semble régulièrement maquillé d'une certaine pudeur, qu'il murmure ses lignes : « Maudites Histoires », ou qu'il ajoute un effet qui sature ou masque sa voix : « Paradis », qui est mon titre favori sur ce recueil. Les amateurs de rap qui kicke ne seront pas en reste avec des titres plus offensifs comme « J.Snow » ou encore « Nevermind ». 

« YË », un journal intime...

Il m'apparaît difficile de vous livrer une analyse textuelle précise et poussée de cet album. Vous connaissez cette impression, celle qui vous fait dire que, parfois, les mots ne révèlent leur véritable sens qu'à celui qui les a prononcés ? Evidemment, Sopico explore ici et là quelques lieux communs du registre rap avec l'argotique aproprié : les galères, l'argent, l'amitié... Et des thématiques délicates : la perte d'un proche ou la relation amoureuse, qu'il est aisé de percevoir. Mais ses lyrics sont autant de monologues et d'histoires que l'artiste se raconte ou récite à cette projection de lui-même : il est, à la fois, le patient et son propre psychologue... 

Autrement dit, le parisien seul connaît la véritable issue de ce labyrinthe de pensées. Tout ce que j'ai fait, en rédigeant ce papier, c'est m'efforcer d'en traverser les parois, comme un délinquant, avec sauvagerie, afin d'apercevoir, peut-être, un petit coin de lumière.

Une Œuvre chargée d’émotions, entièrement produite par l'Artiste, si personnelle qu’il me paraît presque impoli d’en disséquer l’essence avec vous aujourd’hui. Vous noterez que la majuscule n’est pas une faute d'orthographe... 

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