The Great Divide : notre entrevue inédite avec le groupe !

The Great Divide : notre entrevue inédite avec le groupe !

Les ambitions du groupe, les messages de l'album "Linger Over, Linger On", le modern hardcore, l'aspect mélodique de leurs morceaux : le groupe répond à nos questions... 


Il y a quelques jours, et avant même sa sortie, nous vous donnions notre avis sur Linger Over, Linger On, le nouvel album de la formation modern hardcore parisienne The Great Divide. Pour en savoir un peu plus sur cet opus, disponible le 1er mars prochain, sur son essence, et sur l'état d'esprit du combo avant son arrivée, nous avons posé quelques questions à Antoine, guitariste du groupe. 

Salut les gars, comment allez-vous ?

Antoine : Salut Kevin, merveilleusement bien, merci ! On vient d’apprendre que les vinyles ont été livrés, on est excités à l’idée de finalement pouvoir toucher notre bébé, c’est très bizarre de dire ça ! 

« Linger Over, Linger On est l’opus qui nous a demandé le plus d'endurance et de travail, on est heureux d’approcher de sa date de sortie, soulagés et fiers d'y être parvenus... »

Comment se sent-on à quelques jours de la sortie d’un nouvel album ? Les sentiments sont-ils les mêmes avant chaque sortie de disque, ou l’expérience vous permet-elle désormais d’aborder cette nouvelle étape avec plus de recul et de sérénité ?

Recul et sérénité... J’en rêve ! Quatre années après notre dernière sortie, c’est difficile de comparer les sentiments qui nous habitaient à l’époque, mais s'il y a une chose qui ne change pas, c'est que l'on est persuadé de conquérir le monde : on reste de grands naïfs, ça non plus, ça ne change pas ! « Linger Over, Linger On » est l’opus qui nous a demandé le plus d'endurance et de travail. On est heureux d’approcher de sa date de sortie, soulagés et fiers d'y être parvenus, mais il reste beaucoup de travail pour lui apporter une audience.

Si tu devais définir un contexte idéal pour écouter votre album, pour qu’il révèle tous ses charmes, ses caractéristiques, quel serait-il ?

Bonne question ! Je dirais que c'est un album... sportif ! Les tracks de l’album me renvoient soit à des images de courses à bout de souffle, soit à des frustrations viscérales qui crient au corps de les laisser s'exprimer. Il est fait pour courir, mais une course vent de face, en montée avec une pluie fine et chiante qui traverse les fringues, et quelques degrés au-dessus de zéro. Une course qui peut être est courte mais qui t'en fait baver ! 

Le label Useless Pride Records, la structure Anchor Agency, c’est une équipe très compétente qui vous accompagne pour la sortie de ce disque...

C'est vrai ! Ça se passe bien avec Useless Pride Records. Après six ans de travail, une confiance mutuelle s’est installée et cela nous laisse une grande liberté dans la composition puisque le deal était signé après que seulement trois titres aient été écrits. Quant à Anchor Agency, Mathilde et Margaux sont très pros et à l’écoute. Anchor Agency a organisé la tournée de sortie de l’album en Europe et on a hâte de voir ce qu’elles nous réservent ! 

« Jouer du hardcore, c'est se revendiquer marginal ou, tout du moins, différent. Pour autant, je vois la composition et l’écriture comme une manière de raconter des histoires... »

Peux-tu nous dire quelques mots sur l’artwork du disque et son intitulé ?

Comme je le dis plus haut, « Linger over, Linger on » nous a demandé beaucoup de persévérance. La montagne ! Ça serait pompeux de parler d’une interprétation du mythe de Sisyphe, mais cette image représente ce qu’il nous a fallu gravir pour arriver à faire cet album. Détachée du fond, elle symbolise aussi un objet précieux, sorte de récompense après l’écriture achevée. Enfin, le fond neutre, sobre comme le reste de l’artwork, était une volonté d’humilité puisque même s’il faut pouvoir expliquer « pourquoi cet artwork ? », c’était important pour nous d’avoir conscience de notre place aujourd’hui : on ne fait que de la musique, on n’a pas d’autre prétention.

The Great Divide Entrevue - Le Petit Cahier

« Qui peut prétendre faire du rap sans prendre position ? » ont écrit plusieurs rappeurs français. Est-ce que cette maxime s'applique à la musique Hardcore aujourd'hui ?

J'ai un discours nuancé à ce sujet. Le hardcore est, en son cœur, une prise de position puisqu'il reste difficile d'accès pour la majorité des gens. Jouer du hardcore, c'est donc se revendiquer marginal ou, tout du moins, différent. Pour autant, je vois la composition et l’écriture comme une manière de raconter des histoires, même si toute chanson a une part de vérité, l’autre part n’est que fiction, ce qui atténue potentiellement la prise de position. 

Parlons de l'étiquette « modern hardcore » : celle que l'on vous prête depuis vos débuts. Est-elle toujours adaptée à votre musique aujourd'hui ? L'aspect très mélodique de vos morceaux fait-il partie de l'ADN de The Great Divide ?

Je pense que cette étiquette est plus que jamais adaptée à notre musique. « Linger over, Linger on » renoue avec nos débuts : les phases catchy et les refrains sing-alongs qui pouvaient manquer sur White Bird (ndlr : leur album précédent) sont désormais présents sur chaque morceau. Les parties mélodiques, elles, ne nous ont jamais quittés. Mais sur cet album, on les retrouve le plus souvent au point le plus haut du morceau, sous forme de leads simples et clairs, comme sur le refrain de « The Night ».

Notre morceau favori de cet opus est « Anyone, Evermore », peux-tu nous parler un peu de celui-ci ? 

« Anyone, Evermore » a été le quatrième morceau composé. Il a été raccourci juste avant l’entrée en studio : bien qu’il soit déjà le morceau le plus long de l’album, il s’approchait d’un format de quatre minutes sans compter son outro. La partie catchy s’étendait de telle manière qu’on a eu le sentiment de perdre notre propos. Le style de la compo,  chorus et chants clairs blasés en chœur sur le refrain, est influencé par la scène emo - shoegaze à la Title Fight par exemple. Le texte parle de la fin d’une relation amoureuse, c’est un thème qu’on essaie d’éviter pour s’épargner les clichés tant que possible. On l’a donc abordé de manière cynique : on ne parle pas d’amour, on ne parle pas de sexe – ni de l’acte sexuel, ni de ceux des protagonistes. C’est un discours désabusé et générique, comme les relations que recherchent désormais le locuteur : « Anyone, Evermore » n’importe qui, pour toujours.

3 albums, 6 ans d’existence, est-ce qu’on peut parler de The Great Divide comme un « career band » aujourd’hui ?

(Rires) ! Non. Peut-être fait-on simplement partie de ces groupes qui ne savent pas s’arrêter ? Comme on en parle dans la chanson « CIFO », on a tous un « 9 to 5», un job alimentaire qui nous permet de pouvoir vivre notre passion dès qu’on en est libéré. Mais on est loin, très loin, de vivre de cette dernière !

Avec le recul, l'expérience et les années, et en réécoutant vos anciennes réalisations, vous est-il déjà arrivé de vous dire : « sur cet album, ou sur ce morceau, on aurait pu faire les choses de cette façon, améliorer ceci ou modifier cela... » ?

Oui ! Puisqu’on manque toujours de recul lorsque l'on arrive en studio. Certains textes et certains riffs sont même finis à ce moment là, mais pour les modifications à postériori, ce sont des choses que l’on tient au secret ! On les met en place en live si possible, lorsqu’on en a l’occasion, mais elles ne changent pas la nature des morceaux de toute façon, donc on y prête une attention modérée.

« La scène, c’est là où la libération des émotions peut prendre le plus d’ampleur. On a hâte d’y être, de sortir de notre studio de répétition et de crier nos titres ! »

Votre communiqué de presse parle d'un album composé après plusieurs années passées à vous battre contre certains évènements malheureux. « Linger Over, Linger On » a t-il finalement été la catharsis espérée ?

Il est trop tôt pour le dire ! On s’en rendra mieux compte en partageant ces morceaux sur scène, c’est là où la libération des émotions peut prendre le plus d’ampleur. On a hâte d’y être, de sortir de notre studio de répétition et de crier nos titres, bien que je sais que ça n’enlèvera pas la douleur latente de certains de ces événements.

Quels sont vos prochaines grosses échéances ? Des dates, un nouveau clip peut-être ?

La sortie du clip de « CIFO », qu’on tourne la semaine prochaine et dans lequel on se mettra un peu en danger comparé aux vidéos que l'on a fait jusqu’ici... Espérons que ça ne foire pas ! Puis tournée en Europe du 9 au 19 mars, une semaine après la date officielle de sortie de l’album. On fera la release-party à Paris le 4 mai en ouvrant pour Cancer Bats : aucune chance de leur voler la vedette, mais c’est sûr qu’on va se marrer ! On annoncera des weekenders & festivals également... 

Quels sont les artistes et morceaux qui tournent dans vos playlists en ce moment ? Des coups de cœur à partager avec nous, des recommandations ?

Pup ! On les a vu, avec Julien, pour la deuxième fois à Paris la semaine dernière. Leur musique est géniale et ils dégagent une énergie que je n’ai vu nulle part ailleurs : non pas parce qu’elle est surpuissante, mais parce qu’elle positive et que leur live ressemble à une chamaillerie fraternelle où chacun est détendu et fait attention à son voisin. Sinon, côté obscur, on retiendra Oathbreaker et Amenra pour Julien, et côté marrant, Don Broco pour Sebastien et Alex Cameron pour Antoine.

Peut-on nourrir l’espoir de vous voir jouer en Amérique Du Nord prochainement ? Au Québec plus précisément ?

C’est un espoir que l'on nourrit avec vous ! L’Amérique Du Nord, c’est notre Mecque, le Canada plus précisément compte-tenu des liens d’amitié qui nous lient à Scott Wade, ex-chanteur du groupe Comeback Kid, qui nous a donné envie de créer The Great Divide. Si nous avions la possibilité de venir au Canada dans de bonnes conditions, on ne manquera pas le Québec !

Je vous laisse le mot de la fin...

Merci au Petit Cahier pour l’intérêt que vous nous portez ! Après nous avoir gâté d’une review et d’une entrevue, j’espère que l'on aura un live-report quand on viendra vous voir à Montréal !


Vous pouvez écouter intégralement l'album Linger Over, Linger On chez nos confrères de New Noise. Merci à Antoine, The Great Divide, Anchor Agency et Useless Pride Records pour cette entrevue !

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