This Will Destroy You : notre avis sur l'album "New Others Part Two"

This Will Destroy You : notre avis sur l'album "New Others Part Two"

Deuxième partie de l’incroyable double-album de la formation post-rock américaine !


Il y a quelques semaines, nous vous avions fait part de nos impressions sur le dernier opus de This Will Destroy You, New Others Part One. Et alors que nous nous attendions à plusieurs mois, voire une bonne année, pour en découvrir la suite, deux petites semaines ont suffit pour qu’arrive l’annonce de la seconde partie. Pas le temps donc de se remettre des “Weeping Window” et autre “Syncage” que sept nouveaux morceaux nous tendent déjà les bras. L’aventure continue.

“Sound of your Death” démarre en trombe ce New Others Part Two. Le nouveau batteur, Jesse Kees, s’adonnent à des coups ravageurs qui accompagnent une basse survoltée et des riffs de guitares aussi lumineux qu’écrasants. Une délicieuse ouverture shoegaze, aussi inattendue que bien sentie, avant quelques instants de répit puis l’ascension avec “Lie Down In The Light” qui voient des nappes de synthés éthérées et des guitares filtrées se livrer bataille, nous plongeant dans la contemplation, l’exaltation. Si This Will Destroy You passionnent, c’est aussi parce que leur exercice n’est pas accessible à tous et nécessite de la patience - récompensée - et une certaine expérience. Pourtant, avec des morceaux comme “Jesse Ray” et “Cascade” le groupe trouve le moyen de synthétiser leur maestria dans un format quasi-radiophonique. Sans dépasser les cinq minutes, tous les ingrédients de leur recette trouvent leur place et s’imbriquent parfaitement. Les puristes du genre pourront allègrement rabâcher qu’en dessous de sept minutes il n’est pas possible de retrouver l’intensité d’un “Black Dunes” - sur le Tunnel Blanket en 2011 - mais ce serait faire injure à un titre comme le précédemment cité “Cascade”. Définitivement, la porte d’entrée de la musique de TWDY.

Bien entendu, New Others Part Two renferme des monstres d’imagination avoisinant les dix minutes. Si vous avez lu notre critique du premier volet du projet, nous faisions état de ce fameux procédé propre à la musique du groupe - et au post-rock en général. “Clubs” est un morceau type. Huit minutes, une introduction qui prend un tiers du morceau, une montée plus ou moins longue, une explosion où les instruments nous transpercent et enfin l’accalmie avant une seconde vague de marave. De quoi faire fuir les néophytes et jubiler les romantiques. “Clubs” se démarque toutefois par l’utilisation très intéressante de claviers épiques qui complexifient les guitares de King et Galindo. Enfin, le groupe nous assènent le coup de grâce avec “Provoke” qui reprend ce qui fait l’essence de ses meilleures compositions mais se place au plus haut. À la première écoute, c’est l’impression d’avoir attendu toute sa vie ces accords, pourtant à progression classique, cette explosion marquée par des harmoniques naturels et cette interminable fin lumineuse qui sent le soufre.

Ce n’était pas chose aisée de passer après Another Language, même avec quatre ans de discrétion quasi-totale. Avec cet incroyable double-album qui s’étend sur près d’une heure et demie, This Will Destroy You ont frappé un coup énorme avec d’un côté des morceaux rappelant ce qui fait la substance de leur musique et de l’autre des tours de forces extraordinaires aussi résumés qu’interminables. Avec une discographie qui n’a eu de cesse de repousser leurs limites, la formation texane a très probablement atteint son sommet et la suite la plus intéressante serait désormais de voir leurs apports individuels sur des styles s’éloignant du post-rock. Un diptyque qui entérine leur maitrise parfaite de l’art musical pour l'éternité.

Article rédigé par Alexandre Nortier.

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