Vegastar : notre entrevue inédite avec le groupe avant son retour sur scène !

Vegastar : notre entrevue inédite avec le groupe avant son retour sur scène !

Comment s'est opéré leur retour sur scène ? Est-ce vraiment la fin de l'aventure pour le groupe ? À quoi ressemblerait un titre de Vegastar en 2018 ? La formation a répondu à nos questions... 


Il y a quelques semaines, les fans de la Team Nowhere apprenaient, avec joie, le retour sur scène de Vegastar (qui vient de dévoiler un titre inédit) en première partie de Pleymo pour quelques dates. Pour les lecteurs du Petit Cahier, à Montréal et dans tous les pays francophones, il nous fallait forcément en savoir plus sur ce comeback et faire le point sur l'aventure Vegastar en 2018 ! Nous avons donc posé quelques questions à Jey, guitariste du combo, à quelques jours de l'évènement... 

Salut Jey ! Janvier est déjà derrière nous, mais nous te souhaitons nos meilleurs vœux pour cette année 2018 ! Comment vas-tu ?

Merci, de même ! Ça va pas mal en ce début d’année !

Quel bilan tires-tu de votre dernière réformation sur scène en 2015 ?

L’engouement autour de la date était assez inattendu ! Honnêtement, on voulait juste faire une petite fête au départ, et on s’est dit qu’on pouvait tenter un concert, mais dans une salle pas trop grande : on se demandait vraiment si ça allait intéresser les gens de nous voir 10 ans plus tard... Finalement, on a vendu les 400 places en 30min ! C'était la panique (rires) ! On a pas du tout pensé à remettre le couvert après cette date, c’était vraiment la « der des der » pour nous, surtout que chacun avait ses projets à côté. 

C’est avec surprise et joie que nous avons accueilli la nouvelle du retour de Vegastar pour une succession de dates en première partie de Pleymo. Peux-tu nous donner des précisions sur la façon dont cela s’est fait ?

C’est parti comme une blague, comme souvent entre potes. Quand Pleymo a annoncé sa tournée, on s’est dit « ok, il faut qu’on fasse la première partie, comme le Rock Tour en 2003 », en plaisantant. Et puis, de fil en aiguille, en en parlant avec les membres Pleymo au détour d’une soirée ou d’un repas, l’idée a fait son chemin. On a essayé de voir si c’était faisable, surtout aujourd’hui : sans label, sans tourneur, sans structure, ça voulait dire pas mal d’investissement personnel pour nous, mais l’occasion était belle, donc on a trouvé les moyens d’y aller. Ça s’est vraiment décidé en dernière minute. Encore une fois, il y a 2 mois, on ne pensait pas du tout rejouer avec Vegastar ! 

« Même 15 ans après, avec Vegastar, c’est radical : tu aimes ou tu détestes plus que tout ! »

C’est votre deuxième « tournée d’adieu » donc et l’engouement est encore au rendez-vous. Est-ce-que vous vous attendiez à ces réactions ? La nostalgie qui pousse les fans de la Team Nowhere à revenir partager ces moments avec vous est-elle la même que celle qui pousse les amateurs de Star Wars à se ruer dans les salles de cinéma à chaque nouvel épisode ?

Techniquement, la première fois, c’était juste une seule date, et pas une tournée, mais plutôt un anniversaire d’au revoir (rires). Là, c’est vraiment une tournée. On est super heureux de voir les réactions des fans et anciens fans, et aussi de ceux qui font la gueule et qui ne peuvent pas s’empêcher de l'écrire ! On se dit que, finalement, rien n’a changé. Même 15 ans après, avec Vegastar, c’est radical : tu aimes ou tu détestes plus que tout ! Ce n'est pas vraiment la même chose que pour Star Wars parce que, pour le coup, il n’y aura pas de nouvelle génération au concert. C’est vraiment un moment, au milieu des années 2000, qui a marqué ceux qui étaient dans cette mouvance et qui a disparu du jour au lendemain, et c’est toujours un plaisir de se replonger dans ce qui t’a fait vibrer à un moment dans ta vie, surtout avec la musique. Ceci dit, ce serait super qu’il y ait autant de gens aux concerts de Vegastar que Star wars !

Vegastar 2018 - Le Petit Cahier

L’album « Un Nouvel Orage » sera une nouvelle fois à l’honneur. Si tu devais définir un cadre idéal d'écoute pour cet album, pour qu’il révèle ses caractéristiques, ses charmes, ses messages, quel serait-il ? 

C’est un peu ce que je te disais à la question précédente : c’est un moment, un son, une atmosphère assez précise du milieu des années 2000. C’est le début des gros réseaux sociaux, Myspace en tête, le moment où tu pouvais commencer à faire vivre ta musique via internet. Mais d’une manière moins artisanale : tu pouvais avoir un impact hors des médias classiques, c’était une période avec une énorme explosion de créativité et de moyens. Pour nous, ça représente aussi la vie de 23h à 8h du matin, à peu près les moments où on était debout tous les jours. « Un Nouvel Orage » a été fait à une époque où on vivait, les 5, tout le temps ensemble, on sortait 7 jours sur 7, on ne vivait que la nuit. Je n’ai aucun souvenir d’être allé faire un déjeuner avec qui que ce soit entre 2003 et 2007, les rendez-vous se prenaient à partir de 22h avec nous (rires) ! C’était intense, festif, extrême parfois. C’est pour ça que ce disque est rugueux et pop en même temps

« On a jamais été un groupe politisé, social ou autre, ni un groupe de metal, de pop ou quoi que ce soit. On traînait le soir, on se nourrissait de toute la frénésie de cette époque où Paris était vraiment incroyable et on sortait des titres... »

On était des musiciens sans thunes, on se foutait complètement de savoir ce qui était bien ou pas bien de faire musicalement, on appartenait à aucune scène indépendante ou autre. En même temps, on s’incrustait, tous les soirs, dans toutes les fêtes possibles à Paris, pour faire parler de nous, foutre le bordel et, au final, ça a été très compliqué de signer le groupe quelque part, car on était plus connus pour être les mecs ingérables qui pouvaient faire déraper une soirée que comme un groupe bien gentil, en répétition la journée... Les maisons de disques n’étaient pas très chaudes pour dealer avec ça : Paris, c’est petit. 

On doit 100% de ce qu’on a fait à la nuit, aux rencontres la nuit, aux discussions dans les clubs dont on faisait le tour toutes les nuits jusqu’à ce que ça ferme… ou que le suivant ouvre (rires) ! On a jamais été un groupe politisé, social ou autre, ni un groupe de metal, de pop ou quoi que ce soit. On traînait le soir, on se nourrissait de toute la frénésie de cette époque où Paris était vraiment incroyable et on sortait des titres... 

« On s’est planté complètement avec Télévision. Ce mélange électropop - 80s - metal : on n’en maîtrisait pas encore complètement les codes... »

L’aventure Vegastar terminée, exception faite de cette tournée, avec le recul, l’expérience et le temps passé, t’est-il arrivé de te dire : « sur tel morceau, tel album ou projet, on aurait pu améliorer ceci ou modifier cela... »

Oui : on s’est planté complètement avec Télévision (ndlr : le deuxième album du groupe). Parce que, justement, on a voulu partir s’enfermer quelque part pour faire ce disque. On a dû rester 6 mois à la campagne dans une maison, en rentrant 2 weekends chez nous, et, au final, on a tourné en rond sur cet album. Peut-être qu’on y serait encore d'ailleurs, dans cette maison, si on ne nous avait pas dit d’en sortir ! Artistiquement, il y a des bonnes idées. Mais on s’est quand même planté dans ce qu’on voulait faire. Ce mélange électropop - 80s - metal : on n’en maitrisait pas encore complètement les codes. On voulait faire plus ambitieux que « Un Nouvel Orage », en allant encore plus loin dans le mélange des genres, mais il y a eu pas mal de trucs maladroits. On se reconnait moins dans ce disque... 

Depuis la fin de Vegastar, la musique a changé, les modes passent, de nouveaux courants musicaux sont arrivés, de nouvelles sonorités... As-tu une idée de ce à quoi aurait pu ressembler un album de Vegastar aujourd’hui ? De l’orientation musicale que vous auriez pu donner à ce troisième album en 2018 ? 

Aucune idée ! Imagine, en 2005, on se faisait remixer par Para One, on faisait des titres avec Animalsons qui produisait Booba : les gens ne captaient pas. Aujourd’hui, ce genre de collaboration te paraît normale dans la musique mais, à l’époque, c’était invraisemblable ! Les retours qu’on avait étaient hallucinants, peu de gens étaient ouverts à ça. Je ne sais pas à quoi ressemblerait Vegastar aujourd’hui, parce qu’on a toujours été fans de musique, pas fans d’un style. Aimer Duran Duran ou Morbid Angel, écouter Kraftwerk ou Grimes, The Cure ou Backtrack, aucun problème pour nous ! L’intro des concerts de vegastar, depuis « Un Nouvel Orage », c’est un remix de Felix Da House Cat par Jacques Lu Cont qu’on avait entendu dans un club, en suède, quand on mixait l’album. Et, à coté de ça, tu pouvais rentrer dans les loges en 2006 et entendre D4L, Carcass ou Christina Aguilera. On s’est toujours nourri de la musique en général, donc je n’ai aucune idée de ce à quoi ressemblerait un titre de Vegastar aujourd'hui... 

Vegastar 2018 - 2 - Le Petit Cahier

Est-ce vraiment la dernière fois que l’on revoit Vegastar ou vous laissez-vous une porte ouverte pour un éventuel nouveau chapitre de vos aventures ? 

Si je te dis que c’est la dernière fois, et que demain on refait encore une connerie, je vais passer pour Charles Aznavour qui fait 200 tournées d’adieu. C’est déjà bien qu’il y ait encore un peu de monde pour nous voir aujourd’hui, mais pas sûr qu’il faille encore tirer sur la corde. On verra !

Si aujourd’hui Vegastar devait entrer dans le dictionnaire et que l’on te demandait d’en écrire la définition, quelle serait-elle ?

Vegastar : un groupe de musique décadent des années 2000, connu pour son goût prononcé pour les coupes de cheveux énervantes, les poses arrogantes, et un improbable mélange des genres entre metal et newwave ! 

Hormis les répétitions et échéances à venir avec Vegastar, quels sont tes projets en cours ou à venir dans la musique ou dans un autre domaine ?

Chacun a ses occupations musicales à coté. Jocelyn prépare un nouveau projet, Franklin continue à écrire et produire différents artistes, Vince et moi on avait The Videos, mais on risque de lancer un nouveau groupe cette année ! De mon coté, j’ai lancé une boite de management et d’éditions avec Alexis le manager de Cult Of Luna et Pierre, manager de Ezekiel. En 2018, on va essayer de lancer de nouveaux artistes comme Emilie Chaze et Pierre Mottron, deux artistes français sublimes, c’est cool aussi de passer de l’autre coté ! 

Quels artistes ou morceaux y a t-il dans ta playlist en ce moment ? Est-ce que tu as des coups de coeurs à partager ? Des recommandations ?

En ce moment, j’écoute, comme tous les jours depuis 2 ans, un des 2 albums de BANKS : je n’arrive pas à m’en défaire ! J’ai beaucoup écouté l’album de SZA, le dernier DZ Deathrays est cool, 17 de XXXTentacion. Ensuite, j’ai succombé à la mode de choper des singles à droite à gauche (Lil Uzi Vert, Lil Peep, Dua lipa, Abra..) et, niveau album, j’écoute surtout des vieux trucs qui fonctionneront toujours, surtout dans le metal où, finalement je n’écoute plus trop les nouveautés, même si j’ai trouvé Kingdom Disdained de Morbid Angel excellent !  

Je te laisse le mot de la fin (le Québec te lit aussi...)

Si le Québec me lit aussi, alors un petit mot pour le Québec et Montréal où j’ai beaucoup d’amis et où j’essaie de venir le plus souvent possible pour aller manger chez Foiegwa ou les glaces du marché La Pantry à St-Henri. Ça commence à me manquer ! Sinon, merci à tous ceux qui ont rendu l’aventure Vegastar aussi folle et rendez-vous sur ces dates avec Pleymo où ça risque d’être tout aussi fou !


Merci à Jey pour sa gentillesse et sa disponibilité en pleine préparation de la tournée, ainsi qu'au groupe Vegastar. Force à eux pour ce retour sur scène ! 

Dans notre série d'articles consacrés à la Team Nowhere, vous pouvez également retrouver un billet sur notre histoire avec Pleymo ou réentendre la voix Thomas Thirrion, ex Aqme, sur un nouveau titre. 

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